Février (Le merle)

 

Théophile GAUTIER (1811-1872)

À l'âge de dix-huit ans, une rencontre avec Victor Hugo lui donna aussitôt le goût de la littérature. Théophile Gautier aborda autant la critique d'art que le conte fantastique ou le récit historique. Grâce à sa théorie de « l'art pour l'art », il est surtout connu pour être le maître de l'école poétique parnassienne : l'art n'a pas à être utile ou vertueux et son seul but est la beauté.

 

Un oiseau siffle dans les branches
Et sautille, gai, plein d’espoir,
Sur les herbes, de givre blanches,
En bottes jaunes, en frac noir.

C’est un merle, chanteur crédule,
Ignorant du calendrier,
Qui rêve soleil, et module
L’hymne d’avril en février.

Lustrant son aile qu’il essuie,
L’oiseau persiste en sa chanson;
Malgré neige, brouillard et pluie,
Il croit à la jeune saison.

Il gronde l’aube paresseuse
De rester au lit si longtemps;
Et, gourmandant la fleur frileuse,
Met en demeure le printemps.

À la nature il se confie,
Car son instinct pressent la loi.
Qui rit de ta philosophie,
Beau merle, est moins sage que toi !

 

Théophile GAUTIER (1811-1872)

 

Photo en provenance du Web

 


 

 

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