Vivre

 

Bernard PIVOT (1935)
 
Homme de lettres, journaliste et animateur français.  Fils d’épiciers, il effectue ses études au Centre de formation des journalistes à Paris. À ses débuts dans la profession, il entre au Figaro littéraire et y reste pendant treize ans. En 1973, il rejoint le petit écran. L’année suivante, il lance sa mythique émission littéraire Apostrophes. Pendant seize ans, il reçoit chaque semaine les plus grands écri­vains de l’époque. En 1991, il lance l’émission Bouillon de culture et la présente pendant dix ans. Il préside l'académie Goncourt depuis janvier 2014.

 

« VIVRE » verbe irrégulier. Très irrégulier. La santé, l'intelligence et la fortune sont fort inégalement réparties. Vivre est un verbe tellement désordonné, irrationnel, que certains êtres vivants – cellules, virus, moustiques, loups, hommes – deviennent des déviants, des insoumis, des francs-tireurs. Des irréguliers.

Verbe du 3ème groupe. Comme mourir. C'est dans ce groupe que la conjugaison est la plus difficile, mais aussi la plus surprenante. La plus passionnante.

Heureux celui dont la vie a été assez riche pour conjuguer vivre à tous les modes, à tous les temps, avec beaucoup de personnes.

Verbe transitif, intransitif et pronominal c'est selon.

Les transitifs directs vivent à tout berzingue, ils sont francs et ne font pas de chichis.

Les transitifs indirects sont des personnes avisées qui consultent et tergiversent avant de s'engager.

Les intransitifs sont des individualistes endurcis qui, ne faisant l'objet d'aucun complément, vivent en autarcie.

Enfin, les pronominaux, tous gens réfléchis qui se questionnent, se contemplent, s'aiment et se félicitent, se vivent dans un égotisme à la Rousseau.

De tous les verbes, c'est vivre qui a le plus beau participe présent : VIVANT.

 

Bernard PIVOT (1935)

 

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